Les villes françaises s’attaquent aux boîtes à clés : un nouvel handicap pour les hôtes Airbnb, mais où ?

 

Dans le paysage urbain français, un mouvement audacieux émerge, mettant en évidence les villes qui ont pris une décision radicale : l'interdiction des boîtes à clés. Ces dispositifs, autrefois considérés comme pratiques pour les propriétaires et les hôtes, font désormais face à une remise en question. 

Des municipalités, motivées par des préoccupations liées à la sécurité et à la protection des biens, ont opté pour une approche novatrice en interdisant leur utilisation. Ainsi, une nouvelle ère s'ouvre, remettant en cause des pratiques établies. 

Découvrez dans cet article quelles sont les villes qui se positionnent en faveur d'une approche urbaine moderne, où la sécurité et la protection des biens jouent un rôle primordial.


  1. Lille 

Lille est l’une des premières villes en France qui renforce la lutte contre les boîtes à clés Airbnb accrochées aux infrastructures publiques. Avec plus de 2500 logements touristiques, cette pratique qui était considérée comme la solution idéale pour les habitants de la ville, ne semble pas être appréciée par la mairie de la ville, qui a décidé d’éradiquer complètement cette pratique. 


Depuis Mars 2022, la municipalité de Lille a pris la décision de retirer les boîtes à clés des rues du centre-ville. Après avoir préalablement informé les habitants, les premières boîtes ont été retirées de manière définitive les 23 et 24 mai 2022. Il est maintenant prévu qu'à Lille, les boîtes à clés attachées à une rampe ou à un réverbère soient immédiatement confisquées et placées en fourrière. 

Les boîtes à clés, sous forme de gros cadenas, sont accrochées au mobilier urbain de Lille, sur les arceaux à vélo ou les barrières de protection. LP/Hélène Hannon - https://bit.ly/3D14fEp

Jacques Richir, adjoint en charge de l'espace public, a mis en place des mesures pour empêcher les propriétaires de logements Airbnb de placer les boîtes à clés dans les rues de Lille. Cette décision est principalement motivée par des considérations esthétiques et vise à empêcher que la situation ne devienne hors de contrôle. L'objectif est d'éliminer tout ce qui pourrait compromettre l'aspect visuel de la ville et de prévenir l'apparition de nouveaux éléments indésirables dans l'espace public.

"Si nous laissons faire, nous verrons de nouvelles boîtes à clés apparaître, puis ensuite, ce sera autre chose... Le mobilier urbain n'est pas conçu pour accueillir des éléments liés à la vie privée des particuliers." 


Pour l'instant, l'objectif principal est de transmettre un message fort. Mais une réflexion est en cours sur la nature de l'infraction (dépôt sauvage ou autres) et, par conséquent, sur le montant de l'amende. Il convient donc pour les hôtes lillois de trouver des alternatives aux boîtes à clés afin d’éviter toute infraction. 



2. Annecy 

La ville d'Annecy a été également confrontée à un problème croissant lié à l'installation illégale de boîtes à clés dans les rues. Ces dispositifs, fixés sur des lyres à vélo, des lampadaires ou même des bancs, continuent de se multiplier malgré leur interdiction. Soucieuse de résoudre cette problématique, la municipalité a pris des mesures drastiques pour y remédier.

Le 7 novembre 2022, la mairie d'Annecy a émis une communication officielle dans laquelle elle demande aux propriétaires des boîtes à clés présentes dans les lyres, disséminées à travers la ville, de les retirer avant le 14 novembre 2022.

Cette mesure a été prise pour mettre fin à l'installation illégale de ces boîtes à clés, considérée comme une "appropriation illégale de l'espace public" selon un communiqué officiel diffusé par la Ville d'Annecy. Ces pratiques sont en violation de l'article L.2122-1 du Code général de la propriété des personnes publiques (CG3P). La mairie souhaite ainsi préserver l'accès à tous au mobilier urbain public, qui doit rester accessible à tous les citoyens. 

Photo Le DL/M.R.  - https://bit.ly/3D0aYyn

La municipalité d'Annecy s'engage fermement à préserver l'intégrité de l'espace public et à garantir une utilisation légale du mobilier urbain, contribuant ainsi à maintenir l'ordre et à assurer la qualité de vie des citoyens.


3. Saint-Malo 

Saint-Malo, est souvent reconnue pour sa volonté de préserver son identité et de limiter l'influence du tourisme. Depuis 2021, la ville s'engage activement dans une lutte visant à restreindre l'utilisation des boîtes, conduisant ainsi à la suppression de nombreux dispositifs installés devant les logements ou dans les halls des résidences.

Patrice Poirier, chef de la police municipale de Saint-Malo, souligne fermement que :

"l'accrochage de boîtes à clés sur le mobilier urbain est strictement interdit. Nous intervenons pour empêcher une prolifération de ces dispositifs dans l'espace public. Imaginez les conséquences si tout le monde se mettait à en faire autant." 

Cette initiative vise à maintenir l'ordre et à préserver l'esthétique de la ville en évitant une multiplication anarchique de ces boîtes à clés. Elle témoigne de la volonté de Saint-Malo de contrôler attentivement les développements liés au tourisme et de préserver son caractère unique.


4. Biarritz

À Biarritz, tout comme à Saint-Malo, les habitants sont confrontés à une pénurie de logements de longue durée en raison de la prédominance des résidences secondaires utilisées à des fins de location saisonnière. Bien que les autorités n'aient pas encore promulgué de lois ou publié de communiqués à ce sujet, les habitants expriment ouvertement leur mécontentement.

En mai 2021, un ancien conseiller municipal de Biarritz, Eric Bonnamy, a pris l'initiative de détruire des boîtes à clés présentes dans la voie publique. Ces boîtiers, utilisés par les gestionnaires de locations saisonnières, symbolisent la spéculation immobilière qui entrave l'accès des habitants locaux à des logements abordables.

Sur le fond de cette affaire, Maider Arosteguy, maire de Biarritz, partage l'opinion d'Eric Bonnamy en affirmant que : 

"La lutte contre la prolifération de l'industrie des locations touristiques, qui a débuté avant notre mandat et qui s'intensifie, est au cœur de notre politique municipale".

La forte opposition des habitants de la ville à cette pratique se manifeste clairement par leur action contre les boîtes à clés, ce qui remet en question sa viabilité. Dans ce contexte, il est fortement recommandé aux hôtes Airbnb de Biarritz de rechercher des alternatives aux boîtes à clés et d'envisager l'adoption de solutions de remise des clés autonomes, telles que KeyNest.


5. Besançon 

Dans la ville de Besançon, les autorités persistent dans leurs efforts pour lutter contre l'utilisation de boîtes à clés. Récemment, une initiative a été lancée, consistant à envoyer des lettres recommandées à tous les propriétaires de logements secondaires en location, les exhortant à retirer ces dispositifs. Au cas où les propriétaires ne respecteraient pas les délais mentionnés dans les courriers, les autorités se réservent le droit d'intervenir elles-mêmes pour retirer les boîtes à clés.


Un cas particulier a suscité l'attention dans la région : celui de Léo Schoolmeesters, qui gère des locations de courte durée à Besançon. Il a récemment été victime de cette mesure de répression. 


Marie Zehaf, adjointe chargée des transports, des mobilités, du stationnement à Grand Besançon Métropole et conseillère municipale dédiée à la voirie de proximité, a déclaré :

"Cette personne a négligé l'avertissement qui lui a été adressé. Son matériel, destiné à un usage privé, a été fixé sans autorisation sur l'espace public, ce qui nous a amenés à prendre les mesures nécessaires."


Les hôtes Airbnb de la région, qui trouvaient cette pratique commode, ont été surpris par la façon dont les boîtes à clés ont été violemment arrachées et par les conditions dans lesquelles cela s'est produit. Certains d'entre eux expriment leur étonnement en soulignant : 

"Les boîtiers ont été arrachés de leurs supports, entraînant des dommages supplémentaires. Je n'ai jamais été informé de la volonté des autorités ni de mon erreur d'avoir utilisé le mobilier urbain. Mon numéro de téléphone était clairement indiqué sur les boîtiers, ils auraient pu me contacter et nous aurions pu résoudre cette situation de manière plus appropriée. Je considère ces méthodes comme plutôt 'cavalières'."



6. Wimereux, Pas-de-Calais

Face à la croissance exponentielle des plateformes Airbnb, la Municipalité de Wimereux affiche une détermination sans faille dans sa lutte contre l'installation de boîtes à clés dans les espaces publics. À cet égard, les services municipaux ont déjà procédé au retrait de 6 de ces dispositifs à la fin de l'année 2022. 

Le maire de Wimereux exprime une préoccupation majeure quant à cette pratique, mettant en évidence la nécessité d'un encadrement strict de l'aménagement de l'espace urbain et soulignant les conséquences préoccupantes découlant de la prolifération de ces boîtes à clés.

Dans le souci de s'inspirer des meilleures pratiques observées dans les grandes métropoles comme Lille, la municipalité ambitionne de bannir définitivement l'utilisation de ces dispositifs en faveur de l'adoption de solutions alternatives. À cet égard, le maire encourage vivement les hôtes et les propriétaires de logements saisonniers à recourir à d'autres méthodes permettant une remise autonome des clés lorsque leur présence physique n'est pas envisageable. 

En cas de violation de cette législation, les autorités persisteront dans leurs efforts de traque des boîtes à clés, dans le but de les éradiquer complètement de la ville. 


6. Nice 

La ville de Nice a instauré une interdiction des boîtes à clés en octobre 2023 pour réguler les locations à court terme, en réponse à la prolifération de ces dispositifs sur son territoire. Nice, étant la deuxième ville la plus touristique de France après Paris, avec environ 5 millions de vacanciers par an, a connu une augmentation significative des locations saisonnières Airbnb ces dernières années.

Confrontée à ce phénomène, la municipalité dirigée par le maire Christian Estrosi a pris des mesures pour préserver la qualité de vie des résidents et répondre aux défis posés par les locations saisonnières. L'interdiction cible spécifiquement les boîtes à clés installées sans autorisation sur le mobilier urbain et dans les espaces publics.

Un décret municipal a été émis, permettant aux agents assermentés de repérer et de retirer ces boîtes à clés, avec un délai de 15 jours accordé aux propriétaires pour les démanteler.

Christian Estrosi, a souligné l'importance de cette réglementation : 

"Dans le contexte actuel de crise du logement, nous allons aujourd’hui plus loin dans la limitation de cette activité, lorsque celle-ci n’est pas déclarée et devient donc une activité principale lucrative. Nous avons pris un arrêté qui nous permettra d’enlever les boîtes à clefs installées sur le mobilier urbain et la voie publique en toute illégalité. Ainsi, cela incitera les propriétaires de locations saisonnières à se mettre en règle."

Pour en savoir plus sur cette nouvelle réglementation, nous vous invitons à lire notre article "Nouvelle réglementation à Nice : fin des boîtes à clés pour les locations saisonnières".


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Iman Ajjane